Allons-Z'en-France

Calendrier :

Présentations au WIP Villette : les 28-29-30 mars 2011

Festival Migrants Scène (organisé par la Cimade ) :
24 novembre 2011 : Dijon
25 novembre 2011 : Besançon
26 novembre 2011 : Paris

La Générale (Paris)
26 janvier 2012 : 15h et 20h30
27 janvier 2012 : 20h30
28 janvier 2012 : 20h30

Grange Dîmière (Fresnes – Val de Marne)
29 janvier 2012 à 17h

Montpellier (Cimade) :
4 février 2012

Montbélliard
31 mars 2012

Festival Migrants Scène (organisé par la Cimade ) :
24 juin 2011 : Dijon
25 juin 2011 : Besançon
26 juin 2011 : Paris

La Générale (Paris)
26 janvier 2012 : 15h et 20h30
27 janvier 2012 : 20h30
28 janvier 2012 : 20h30

Grange Dîmière (Fresnes – Val de Marne)
29 janvier 2012 à 17h

Montpellier (Cimade) :
4 février 2012



création collective
avec
Nathalie Brucher comédienne
Michel Cochet metteur en scène dramaturge comédien
Françoise Cousin comédienne
Hervé Sika danseur chorégraphe comédien

Martine Derrier directrice de production

 

avec l’intervention d’Eric Fassin, sociologue  et de Gérard Noiriel historien en collaboration avec le collectif Cette France-là


Créé au WIP Villette les 28, 29 et 30 mars 2011

Présentation

Allons Z'en France porte l'attention sur ce que nous subissons non pas des immigrés mais de la politique actuellement en place pour les « accueillir ». Où est le problème : est-ce l'immigration ou la manière dont elle est gérée ?
Tyrannie des objectifs chiffrés, portée des discours officiels, violences, pratique du soupçon, stigmatisations, entretien d'une peur permanente, multiplication des injustices et des décisions arbitraires, appels à la délation, unions brisées, crise des consciences... dans le prolongement des travaux du collectif Cette France Là, le spectacle tente de pointer le coût psychique d'une telle politique, ainsi que ses conséquences sur notre vie intime et collective.

 

A été réunie autour de ce projet une équipe multidisciplinaire composée d'artistes et d'intellectuels venant de différents horizons (le jeu, la danse, l'écriture et les sciences sociales), se retrouvant sur l'envie d'un théâtre de proximité, réactif et citoyen.
Partant d'une table de travail à la vue du public et basculant peu à peu vers la fiction, les comédiens/danseurs d'Allons Z'en France proposent une traversée et une analyse critique du dispositif actuellement en place en matière d'immigration, en mêlant théâtre, danse, moments de débats, documents bruts et adresses au public.
Un plateau circulaire. Au centre, dessiné sur le sol : un hexagone parfait. Autour de l'hexagone, placé en demi-cercle : le public. Au centre du public, elle aussi à l'extérieur de l'hexagone : la table de travail. En face de la table et du public, de l'autre côté de l'hexagone : un écran. Sur la table, installés : un vidéoprojecteur, des bouquins, des papiers.
Le spectacle a pour vocation de s'inscrire dans tous types de lieux permettant de réunir une assemblée de spectateurs autour d'une scène centrale, avec la possibilité d'un échange avec le public après la représentation.

 

Distribution

Michel Cochet : 06 82 57 73 35
pour les questions techniques

Equipe artistique



 

 

Note de mise en scène

Le collectif Daja, animé par Gérard Noiriel et Martine Derrier, a pour but d’étendre le champs du théâtre dans l’espace public en tissant des liens entre les artistes du plateau et les autres composantes la vie intellectuelle (chercheurs, universitaires, journalistes). Le projet Allons Z’en France s’inscrit dans cette démarche en partant des travaux de l’association Cette France-là, présidée par Michel Feher, collectif de chercheurs, philosophes et journalistes, auteur de deux ouvrages de contre-expertise, rassemblant témoignages, enquêtes et analyses sur les enjeux et les effets de la politique d’immigration menée par l’actuel chef de l’Etat (voir le site : http://www.cettefrancela.net/). Ce fut à l’occasion de la rencontre entre Nicolas Truong, Michel Feher et Gérard Noiriel organisée par le festival d’Avignon dans le cadre du « Théâtre des idées » que la question se posa de la possible contribution du théâtre au débat sur l’immigration au travers d’un projet associant le plateau et le travail des chercheurs. L’axe fut ainsi choisi : face à l’affirmation par la classe dirigeante de l’existence d’un « problème » de l’immigration, le théâtre peut-il mobiliser « une esthétique de la déproblématisation » ?

Présentation de l'auteur

Prenant pour point de départ le parcours fictif ou réel de sans papiers, Allons Z'en France propose toute une série d'histoires et de cas concrets, faisant exister au sein d'une succession de séquences ceux qui appliquent, ceux qui subissent, ceux qui acceptent, ceux qui s'insurgent... Il y a ceux qui demandent des papiers, ceux qui instruisent les dossiers, il y a les préfets et leurs services, les employeurs de main d'oeuvre immigrée, les militants, ceux qu'on expulse, ceux sur qui l'on exerce des pressions, il y a ce monsieur promené par l'administration de situations absurdes en situations absurdes, il y a cet agent qui organise une arrestation au sein des locaux de la préfecture, il y a cette dame d'origine algérienne travaillant aux sections accueil et contrôle, il y a la préfète Marie-Noëlle Lechantier qui notifie à Catarina, jeune femme battue demandant protection, une obligation de quitter le territoire, il y a l'assistante sociale hébergeant Catarina dans la clandestinité, il y a Afsaneh, jeune
Iranienne, sous le coup d'une expulsion, il y a Jean-Marc qui échoue dans son projet demariage avec elle... plus autant de débats entre Nathalie, Françoise, Hervé et Michel, sur le plateau, partageant avec le public leurs questionnements.
Sous forme d'enquête entre documentaire et fiction, Allons Z'en France dresse le
portrait d'une république aux prises avec un système mobilisant corps d'Etat et
société civile jusqu'à atteindre le coeur même des individus et tente de comprendre le rôle que nous jouons tous, peu ou prou, dans un tel processus : comment ce processus est-il susceptible de nous transformer ?
LA PREFETE - ... oui... notre politique est dans la droite ligne de celle du gouvernement, à savoir la fermeté, mais il n'y a jamais de décisions arbitraires ou automatiques, tout cas fait l'objet d'un examen attentif par la préfecture...
LA JEUNE FEMME - ... attendez, ces mots vous ont été dictés, vous ne pensez pas ce que vous dites...
LA PREFETE - ... si...
GUICHET 6 / FRANCOISE (prenant un micro, avançant vers le public) - ... ok, prise de parole... c'est un peu le cauchemar, soyons clairs, et pour nous, et pour eux, nous sommes trois au guichet, réduction d'effectifs, le problème il est là...
GUICHET 7 / HERVE (même jeu) - ... au départ, je ne connaissais pas, moi, tous les titres de séjour, c'est une réglementation très compliquée, en plus on n'est pas au courant du droit ni des circulaires et en plus on est isolés du reste de la préfecture, lorsqu'on demande des stages, on met des mois à les obtenir, et encore, ça n'est pas toujours ceux qu'on a demandés, d'ailleurs, je me suis rendu compte qu'il y avait de très grandes différences de pratiques d'un département à l'autre...
L'ASSISTANTE SOCIALE - J'entends notre chef de l'Etat parler de nos valeurs
républicaines : « étrangers, si vous voulez entrer en France, vous vous devez de respecter nos valeurs républicaines ». Et quelles sont nos valeurs républicaines ?...
Projection d'un extrait du film de l'ANAEM « Vivre ensemble »
LA COMMENTATRICE - « La France est très attachée au principe d'égalité. Les femmes et les hommes sont égaux en droit, que ce soit dans la vie sociale, conjugale, familiale ou professionnelle... ».
Arrêt du film.
L'ASSISTANTE SOCIALE - La France protège le droit des femmes, protégeons le droit d'une femme !... Catarina ne voulait pas de toutes ces procédures, elle avait peur, c'est sa fille, de douze ans, qui lui a dit : « On est en France, maman », ça l'a convaincue, et nous l'avons aidée... Sophie, qui travaille au foyer, s'est occupée de ses démarches auprès de la justice, de sa déposition, je me suis occupée de sa régularisation auprès de la préfecture puisque...(temps)... Je l'aurais dénoncée, finalement, le résultat aurait été le même... Que se serait-il
passé si je ne m'étais occupée de rien ?...