Jus de framboise d' Eric WESTPHAL |
Résumé. Un très agréable divertissement
sur le thème de la justice, de l'incompatibilité
du bon sens et du gouvernement des peuples. Sur l'ingratitude
des grands, la lâcheté de ceux qu'ils exploitent,
mais aussi sur la solidité des sentiments simples. Framboise,
une jeune villageoise, s'enhardit à venir demander au roi
de lui faire justice : son voisin, le maire, refuse de faire réparer
la clôture qui sépare le potager de celle-là
du potager de celui-ci : les moutons de l'un dévorent les
choux de l'autre. On n'entre pas facilement chez le roi. Le garde
ne peut pourtant résister au charme de Framboise : Il fait
promettre à la jeune fille de l'épouser et s'engage
à tenter de la faire parvenir jusqu'au lit de justice.
Jusqu'au jour où...
(10 €, 6H / 2F, 80p., ISBN : 2-911574--24-9, Nouveauté
septembre 1999)
Eric WESTPHAL. (Né en 1929). Son existence se partage
entre le journalisme, la fonction publique et l'écriture.
Il a accompli de longs séjours en Allemagne, au Luxembourg,
en Algérie, en Angleterre et aux États-Unis.
Ses premières pièces, la Courtisane de Gênes
(1963) et Le Temps de payer (1968), sont produites par
France-Culture. Son roman la Manifestation reçoit
le prix Vaillant Couturier 1968. Sa première pièce
au théâtre, Toi et tes nuages (1971), remporte
le prix des U et un très grand succès de traductions
étrangères. Karen Arthur, à Hollywood, en
tirera plus tard un film fantastique, the Mafu cage (1977).
Dès lors vont suivre une quinzaine de pièces au
théâtre, à la radio et à la télévision,
l'ensemble formant une oeuvre malaisément définissable
tant est varié le choix de ses sujets. Qu'y a-t-il de commun
entre la conscience protestante et la folie de Toi et tes nuages
et l'éclat de rire musical de Mozartement vôtre
(1975)?
Entre l'assistante sociale qui jette son froc aux orties dans
Outrage aux bonnes moeurs (1983) et les enfants condamnés
du Naufrage (1977)? Entre le dentiste devenu apiculteur
d'Un parfum de miel (1982) et l'homme qui se penche sur
son passé dans Un regard en arrière? L'auteur
répond lui-même: "Il y a que ce sont des histoires.
Je raconte des histoires et le public en fait ce qu'il veut [...]
J'essaie de communiquer ce que je ressens de la vie et je recherche
toujours un mélange de rire, de gravité et de tendresse".
A y regarder de près, pourtant, on trouve dans les "histoires"
de Westphal beaucoup de finesse psychologique et d'observation,
des situations bien dessinées, parfois très fortes,
et surtout des personnages bien campés, témoins
de notre temps, de ses problèmes et de ses ambiguïtés.
Oeuvre de moraliste, sans doute, de construction classique le
plus souvent, d'une grande rigueur d'écriture, oeuvre à
l'imagination vive où "il y a toujours la part du
rêve, souvent un grain de folie, et une modestie qui laisse
au spectateur le soin d'en tirer la morale qui lui convient"
(Pierre Barillet), ainsi peut-on caractériser le théâtre
d'Éric Westphal, en ajoutant qu'il est fréquemment
traduit à l'étranger et abondamment repris par le
théâtre amateur.